Poèmes de la Mémoire oraculaire

 

Premier recueil paru aux Editions du Petit Pavé en 2010               Voir la présentation sur le site

 

Un amour, le bord d’un canal (extrait)

 

Une ville, le bord d’un canal.

Une jeune femme. Blanche, spectrale.

Sous la pluie.

 

Elle dessine dans l’espace des mouvements colorés, avec ses mains.

Elle est immobile.

Sous la pluie.

 

Des gens passent, qui la regardent.

Une folle, c’est ce qu’elle leur semble être.

 

Son nom, c’est Catleen.

Elle regarde la ville, toute sa vie passée à ça, regarder la ville, ceux qui passent, en moulinant des histoires invisibles avec ses mains.

 

Qui peut deviner sa solitude ?

 

Quand elle ne regarde pas, quand, au bord d’un gouffre d’épuisement ou de lassitude elle cesse ça, cette activité, regarder, alors elle peint des visages de femmes. Son visage. En grand, sur des toiles de lin. C’est ce qu’elle fait alors.

 

La pluie tombe toujours, elle dessous.

Elle est trempée mais toujours pas en mouvement.

Elle regarde et attend.

La fin de l’averse, un amour, quelque chose. N’importe quoi.

 

(...)

 

Préface de Jean Hourlier

 

 

 

Nouvelles lunes

 

Second recueil paru aux Editions du Petit Pavé en 2014                 Voir la présentation sur le site

 

Extrait de la préface de l'auteur

 

(…) Einstein disait qu’il y avait deux façons de penser : Par mots ou par images. Moi, c’est par images et fulgurances que je pense, peut-être parce que je suis peintre. Aussi, mes textes sont-ils une tentative de « traduction », si l’on veut, d’un univers, de bout en bout, pictural.

 

Dans Chaosmose, il y a un jeu sur la narratologie. Le narrateur, semble-t-il, se détache du personnage, réalité finalement évanouissante. Car le vrai personnage de mes deux récits, Un amour, le bord d’un canal et Chaosmose, c’est l’eau. Ainsi le récit se déroule-t-il au fil de l’eau (le canal dans le texte précédent, la rivière dans celui-ci). Car l’eau réunit les invisibles, sa surface est fuyante, insaisissable, faite de reflets, comme un rêve hypnotique.

 

Les éléments, d’une manière générale, déploient ici toute leur force vitale. Il en va ainsi de Nouvelles lunes, recueil qui présente, de façon elliptique, des événements de la légende Arthurienne ainsi que leur résonnance, comme en écho, avec le drame contemporain. Ici aussi l’on est à la frontière des mondes. Et ici aussi l’on flirte avec les illusions d’optique : Le véritable personnage principal n’est pas la Fée Morgane, mais la lune, qui s’introduit subrepticement dans notre sang.

 

Les éléments, les planètes et les astres, inscrivent ainsi le texte dans une dimension Cosmique, et l’homme disparaît en elle, destinée contrariée mais en accord avec l’univers…

 

Catherine Andrieu