Critique de
Lucile Blanchard

À l’écoute des bêtes

 Ce titre invite le lecteur à une écoute, mais pas seulement des « bêtes », une écoute qui embrasse la nature, la terre tout entières. Arbres, pierres, animaux, ombre et lumière sont englobés dans ces textes. L’auteure s’y dévoile délicatement. Écrire : « [...] L’écriture m’a prise par surprise, par effraction, par brûlure. [....] ». C. Andrieu choisit de se révéler : « [...] Chaque poème n’est pas une parole:/ c’est une fissure. [....] » (Avant-dire). « [...] Tout vient d’une même source et retourne à elle. Nous ne sommes pas des étrangers dans l’univers :/ nous sommes l’univers qui se regarde, qui se pense, qui s’émeut. [....] ». Elle exprime toute sa sensibilité d’humaine à l’écoute, précisément, de toute manifestation de vie : la pensée, la lumière, la tendresse. Tout naturellement, elle confie au lecteur : « Je le confesse sans détour : les animaux ont toujours habité mon imaginaire. [....] » (La part animale dans l’art). Les descriptions qui suivent, tant sur l’aspect extérieur que sur le caractère des animaux est le fruit d’une observation fine, d’une réelle écoute ; elle dépouille tranquillement les représentations liées à l’apparence que l’art, notamment, propose à l’interprétation du spectateur. Elle se tient, là encore, dans une écoute attentive de l’animal observé, plus instinctive dans son ressenti. Elle accorde une attention particulière à la disparition de certaines espèces : « Ils ne disparaissent pas d’un coup. / Ils se retirent. / Ils apprennent à vivre plus loin, plus bas, plus tard. [....] ».


L’auteure relate aussi la mort de son chat, chez le vétérinaire, témoignage poignant et riche en émotions : « [...] Puis on me l’a pris. Sans brutalité, non, mais sans tendresse non plus. [...] ».

« En guise d’épilogue » : « [...] À travers moi, quelque chose de plus ancien que moi continue. [....] ». Cet ouvrage est une incitation silencieuse à être au monde auquel nous appartenons, dans un grand respect de ses multiples manifestations dont l’Homme fait partie.

Lucile BLANCHARD
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Catherine Andrieu, À l'écoute des bêtes, éditions Sémaphore (Quimperlé), 2026.
https://maisondelapoesie-quimperle.fr/editions/