Poèmes de la Mémoire oraculaire et Nouvelles lunes nous plongent dans un univers personnel peuplé de fantômes et de sorcellerie. Quand les drames de l’existence surviennent, écrire devient un moyen d’endiguer les flots du malheur. Il s’agit d’assimiler la perte.  Dès lors, l’écriture est un acte chamaniste, une passerelle entre la vie et l’au-delà. Rien ne trouve signification sans son contraire : la nuit le jour, le rêve la réalité, la vie la mort… Des données aussi simples sont sans cesse questionnées, tant il est vrai que les réponses se trouvent à l’intérieur de soi. L’être souffre, car rien n’est acquis. L’inconscient joue un rôle prépondérant dans la trame du recueil. Etre signifie trouver son chemin dans les multiples dimensions de l’être. Cette quête est menée au fond de la psyché tout comme aux confins des étoiles. Les questions les plus essentielles sont posées. La maladie trouve son remède dans les arbres, les forêts, dans les effluves de l’océan. Car l’auteur baigne dans une sensibilité extrême. La violence des mots est à la hauteur de la souffrance engagée. Ecrire est un acte violent mais nécessaire, un passage vers une autre dimension. Ecrire doit changer la vie. Même torturée, même sanglante l’écriture de Catherine Andrieu reste belle. Ces notes de lecture ont pour but d’apporter un éclairage personnel à l’œuvre publiée aux Editions du Petit Pavé.

 

Daniel Brochard

 

Le site des Editions du Petit Pavé est consultable ici : http://www.petitpave.fr/